Point de vue d’un expert — Diane Wild: Comment le Canada va survivre à l’ère Netflix
Notre invité pour cette édition de “Point de vue d’un expert” est Diane Wild, la rédactrice du site TV eh?, l’endroit par excellence pour s’informer sur l’industrie de la télévision canadienne. Diane Wild (@deekayw) n’est affiliée ou engagée avec aucun réseau ou chaîne de télé, ce qui lui permet de nous offrir une vision objective sur ce marché particulier. Voici ce qu’elle avait à nous dire au sujet du petit écran canadien et son avenir.
Qui a-t-il d’exceptionnel dans le paysage télévisuel canadien pour vous inspirer à lancer votre site?
J’ai davantage été inspiré par frustration que par excitation. En fait, il y a 6 ans, lorsque j’écrivais activement à propos de la télévision américaine et que je lisais les blogues sur l’industrie, j’ai réalisé que je trouvais de l’information au sujet de plusieurs programmes canadiens seulement après qu’ils aient disparu, ou tout simplement jamais. Nous mettons l’argent de nos taxes dans ces émissions, notre communauté de créatifs y met leurs énergies, mais l’audience aurait besoin d’avoir de super pouvoirs pour savoir qu’ils existent.
Il y a d’excellents programmes canadiens qui méritent d’être connus. Comme pour la télévision américaine – et le reste de la télévision à travers le globe – il y a aussi beaucoup de déchet, mais ce sont les téléspectateurs qui devraient avoir l’opportunité de décider entre succès et navet. À cause du financement public, la télévision canadienne est bondée d’arguments et de programmes politiques, mais nous ne pouvons avoir une discussion éclairée sur cette portion de notre culture si nous ne sommes pas totalement conscients de son existence.
TV, eh? a été créé comme un centre d’informations sur les séries télévisées canadiennes, mais dans un monde idéal, le site ne devrait pas avoir besoin d’exister: les émissions canadiennes devraient avoir autant de publicité et d’attention sur le Web après des Canadiens que la dernière série en provenance des États-Unis.
Qu’est-ce que les médias sociaux ont modifié dans le rapport des téléspectateurs à la TV ?
Twitter, par exemple, a apporté encore plus qu’un sentiment d’appartenance à l’auditoire, depuis que ceux-ci savent que leur voix peut facilement être entendue et qu’ils peuvent même accéder directement aux gens qui produisent leurs émissions favorites.
Puisque la télévision canadienne semble souffrir d’un manque d’exposition, les acteurs, scripteurs, réalisateur et producteurs ont utilisé les médias sociaux pour répandre la discussion et construire une communauté avec leurs fans d’une façon souvent plus personnelle qu’une émission regardée par 10-15 millions de téléspectateurs par semaine pourrait le faire.
Les médias sociaux ont aussi amené la discussion qui avait lieu autour de la distributrice à eau au boulot, dans nos salons depuis que nous pouvons échanger avec les autres fans pendant que nous regardons une émission.
Qu’est-ce qui fait de la Social TV un incontournable pour les joueurs canadiens?
Depuis que les efforts publicitaires au Canada sont si sous-financés, les médias sociaux sont devenus un outil de Relations Publiques de premier choix pour plusieurs émissions, à travers des comptes officiels et avec les équipes créatives des émissions qui utilise leurs propres comptes pour passer le mot et susciter l’engagement de leur auditoire.
Quelle intégration des médias sociaux dans un programme télévision vous a le plus marqué ?
Je dois dire que les télé-réalités en direct ont une longueur d’avance, en partie parce qu’ils peuvent inclure les médias sociaux directement dans l’émission. Cover Me Canada a utilisé Facebook et Twitter pour leur processus de vote alors que les groupes en compétition sollicitaient des votes sur les médias sociaux. Cela a permis à une émission aux cotes d’écoutes médiocres d’avoir beaucoup d’attention en ligne.
Boule de Cristal : Quels seraient les changements majeurs pour la TV canadienne dans les 3 prochaines années ?
Cela dépend si je mets mes lunettes roses pour regarder dans ma boule de cristal ou non, et pour le moment je ne les trouve pas. CBC passe au travers une révision budgétaire difficile en ce moment et ils sont le seul réseau diffusé qui produit toujours des émissions canadiennes. S’ils rencontrent les coupures que les gens prévoient, la télévision canadienne pourrait faire face à un sombre avenir. Les réseaux câblés comme HBO Canada font quelques émissions innovatrices, et la programmation pour les jeunes devient forte sur YTV et autres semblables, mais sans un fort appui pour les programmes d’ici sur les réseaux que la plus part des Canadiens ont accès, nous pourrions aussi bien laisser FOX, ABC, CBS et NBC prendre nos ondes et anéantir l’idée d’avoir une industrie à nous.
Avec mes lunettes roses maintenant? Les coupures à CBC ne seront pas aussi sévères qu’on le redoute, et les autres réseaux seront inspirés par les récents succès canadiens – comme, Bomb Girls sur Global et la première très réussie de Arctic Air sur CBC – à investir davantage dans une programmation originale, en plus d’avoir la certitude que ce contenu original est la seule façon d’établir un modèle d’affaire qui survivra à l’ère Netflix. Arrêtez de rire, ça pourrait arriver.
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